INTRODUCTION
Le stress fait tellement partie de notre vie qu’on le considère soit comme une normalité, soit comme étant inévitable.
Il peut se manifester par des symptômes physiques : sueurs froides, serrement à l’estomac, tremblements ou tensions accompagnées d’anxiété, de nervosité, d’inquiétude, et même de colère. Toutes ces émotions découlent de la même source : la peur
I– BON STRESS OU MAUVAIS STRESS ?
On entend parfois les gens dire qu’il y a le bon stress et le mauvais stress. Je ne partage pas ce point de vue. La véritable fonction du stress est de nous avertir quand nous sommes en danger. Il nous est fort utile en situation d’urgence, où toutes nos ressources se mobilisent pour assurer notre survie.
Malheureusement, la plupart du temps, le stress est omniprésent pour des raisons d’ordre psychologique. Nous stressons, car nous vivons de l’insécurité : nous avons peur de ne pas y arriver, peur de ne pas avoir assez de temps, peur de perdre, peur de ne pas être à la hauteur, peur de décevoir, etc.
Pour moi, ce type de stress n’a rien de bon. On le confond souvent avec un sentiment de fébrilité. On peut être excité avant un événement important et ressentir une certaine nervosité. Cet état découle de notre intention de bien faire, de notre volonté de réussir. Il s’agit d’un état passager qui peut très bien s’expliquer selon les circonstances. Ce n’est pas un stress quotidien qui est devenu un automatisme.
Il est également vrai que certaines personnes passent à l’action seulement quand elles sont au pied du mur, quand l’échéance approche et qu’elles n’ont plus le choix. Ce sentiment de « dernière minute » devient pour elles la seule motivation valable pour se décider à agir. C’est alors qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un bon stress, puisqu’on a obtenu les résultats escomptés. Par contre, on pourrait se poser les questions suivantes : Est-ce vraiment satisfaisant ? Y a-t-il des impacts négatifs à ce type de fonctionnement ? Existe-t-il d’autres motivations pour passer à l’action et qui seraient tout aussi efficaces sans dommages collatéraux ?
II–LES IMPACTS DU STRESS
Le stress est dommageable. Il a des impacts négatifs sur notre santé physique et mentale, sur notre travail, sur nos relations, etc.
Quand le stress est devenu une habitude, quand il est solidement installé au quotidien, il est nuisible, peu importe son niveau. Nous développons d’abord des symptômes, et, par la suite, le stress peut devenir la cause de maladies importantes.
Ces symptômes peuvent se manifester sous forme de problèmes de digestion, de problèmes de concentration, de tensions importantes ou d’une augmentation de la consommation d’alcool et de cigarettes.
Le stress peut aussi affecter notre système immunitaire, notre système cardio-vasculaire et, en raison du fait qu’il maintient notre taux d’insuline élevé, il peut également causer des problèmes de diabète.
Sur le plan psychologique, le stress peut causer la dépression, l’anxiété, l’angoisse, les crises de panique, etc.
III– LES CAUSES DU STRESS
Notre mode de pensée est une cause importante de stress. Des pensées comme les suivantes précèdent souvent le stress : Je n’aurai jamais fini à temps. Je vais échouer à mon examen, à mon entrevue ou lors de ma compétition. Je ne suis pas à la hauteur. Ce type de pensées est très nuisible, car il crée un déséquilibre important entre ce que nous voulons et ce que nous croyons pouvoir réaliser. Il faut travailler très fort par la suite pour se remettre en confiance et récupérer l’énergie perdue.
Je vois le stress comme une fuite de carburant. Imaginez une personne qui est stressée, qui crie et qui devient rouge de peur et de colère. Elle perd beaucoup d’énergie et, après, elle ressent une grande fatigue.
Faites le test. Quand vous êtes totalement vidé d’énergie après une journée de travail, évaluez le niveau de stress de la journée sur une échelle de 1 à 10. J’observe ce phénomène depuis un certain temps et j’en arrive toujours à la même conclusion : quand je me sens complètement vidée, ce n’est jamais lié au fait que j’ai travaillé fort. C’est étroitement lié au stress que j’ai vécu !
Quelles sont les causes du stress ?
Si on faisait un sondage, on obtiendrait des réponses comme les suivantes :
• une charge de travail trop grande ;
• des délais trop serrés ;
• un patron trop exigeant ;
• un couple qui bat de l’aile ;
• des enfants difficiles ;
• un collègue qui nous pompe l’air ;
• et même… la température !
Il y a 10 000 raisons de stresser quand on considère que le stress est inévitable…
On peut devenir conscient de cet automatisme nuisible et choisir de se placer dans un état de calme et de confiance, même dans des situations difficiles.
Je dirais qu’il y a, d’une part, des facteurs externes qui peuvent favoriser des états de stress et, d’autre part, notre attitude face à ces événements.
Comment se fait-il que, devant une situation donnée, certains individus vont réagir avec beaucoup de stress alors que d’autres resteront en contrôle ?
Certains diront qu’il y a des tempéraments nerveux et d’autres, plus calmes. C’est incontestable. Par contre, il est à la portée de tout un chacun de modifier ses pensées et ses croyances.
Par exemple, si on apprend qu’un collègue a perdu son emploi, il peut y avoir toutes sortes de réactions dans l’entreprise. Certains pourraient trouver la situation épouvantable, car ils auront peur de perdre leur emploi à leur tour. Ils créent des scénarios qui dépassent la réalité et imaginent le pire. Ils se sentent impuissants face à cette situation et sont piégés par la peur.
D’autres individus ne cèdent pas à la peur et refusent de se faire des scénarios. Ils essaient plutôt de connaître les faits, de comprendre la réalité et d’évaluer la situation de manière objective. Quand ils font face à une difficulté, ils l’envisagent en mode « solution » et font preuve de souplesse et de flexibilité. Ils passent à l’action très rapidement. Ce n’est pas qu’ils nient leurs émotions, mais ils n’en restent pas là et ils prennent du recul pour comprendre et se donner plusieurs options pour répondre à leurs besoins : plan A, plan B, etc.
La croyance qui les habite, c’est qu’il y a toujours une solution. C’est pourquoi ils restent confiants. Par la force des choses, ils ont développé leur ingéniosité, leur débrouillardise et leur capacité d’adaptation.
Le stress engendre le stress…
La confiance engendre la confiance…
Il y a des gens qui stressent même quand tout va bien !
Un étudiant peut stresser constamment à l’approche des examens et, chaque fois, réussir avec d’excellents résultats.
Je me souviens avoir entendu Janette Bertrand dire qu’elle souffrait d’une grande insécurité dans tout ce qu’elle entreprenait malgré les immenses succès qu’elle a connus tout au long de sa carrière.
Ça peut être la même chose au travail. Une secrétaire qui doit produire des rapports périodiquement peut se trouver dans un état de stress tant que les documents n’ont pas été approuvés, et ce, malgré la constance de la très grande qualité de son travail.
Le point commun de ces gens qui stressent même quand tout va bien, c’est qu’ils ne se font pas confiance et, par le fait même, n’ont pas confiance en la vie.
J’ajouterais également que ces personnes font une très mauvaise lecture de la réalité. Elles ne voient pas leurs capacités et nient même leurs réalisations. Quand je reçois ce type de client en coaching et que j’ai suffisamment d’informations pour évaluer leurs compétences, je leur demande de me prouver, par des faits, qu’ils ont raison de ne pas se faire confiance. Ils n’y arrivent pas, et je les amène ainsi à voir la réalité telle qu’elle est.
IV– LES BONNES ATTITUDES À ADOPTER
Je discutais du stress avec une bonne amie et elle m’a dit : « Ça fait longtemps que j’ai réglé ça. C’est exactement comme le bonheur ; c’est un choix que j’exerce au quotidien ».
Comme c’est intéressant. Cette personne très sage que j’admire beaucoup a priorisé le bonheur dans sa vie. Elle est donc conséquente dans ses choix et les applique au quotidien.
C’est vrai qu’il y a une tonne de livres sur le bonheur, sur le pouvoir de nos pensées, sur l’épanouissement, etc. Ce n’est pas le choix qui manque.
Par contre, peu de gens intègrent cette belle théorie dans la pratique. Ils sont d’accord sur le fond, mais ne l’appliquent pas dans leur vie. La raison en est simple : ils ont des croyances qui les limitent. Ils croient souvent inconsciemment que ce n’est pas possible, que, pour eux, c’est différent, que ça demanderait trop d’efforts, qu’au bout du compte, ils n’ont pas besoin de changer, etc.
CONCLUSION
Le seul fait de se donner comme objectif de vivre moins de stress est un premier pas vers un changement favorable.
Je crois que la bonne première étape est de croire qu’il est possible et souhaitable de diminuer notre stress au profit d’une plus grande confiance et d’un plus grand calme.
Il appartient à chacun d’identifier quels sont ses déclencheurs de stress.
Peur de ne pas avoir assez de temps ?
Peur de ne pas être adéquat ?
Des croyances du type « c’est normal de stresser, on n’y peut rien » ?
Garder un travail qui ne répond pas à nos besoins et à nos aspirations ?
Que les déclencheurs soient externes ou internes, c’est notre responsabilité d’être heureux. On ne peut demander à personne d’être responsable de notre bonheur.
Voici quelques pistes de solutions :
- rester bien ancré dans la réalité, mesurer les situations objectivement (éviter les scénarios pessimistes et défaitistes) ; – faire des choix réalistes, ne pas trop s’en demander (juste faire de son mieux, c’est déjà gagnant) ; – s’entourer de gens calmes et positifs (le stress engendre le stress, la confiance engendre la confiance…) ; – se faire confiance (nous avons tous les ressources pour répondre à nos besoins).
Et, surtout, croire que c’est légitime de prioriser notre bien-être et assumer ce choix.